Lundi 30 juin 2008 1 30 /06 /Juin /2008 16:31

A chloé



LE TROU MORTEL

 

 

Au bas du champ de terre labouré : le trou mortel, en réalité le trou Martel, du nom d'un lointain propriétaire sans doute. Tel, il figure au cadastre et quelques adultes l'appelle encore ainsi. Mais pour tous les enfants, il est le trou mortel. Ils en font le tour avec circonspection et jamais ne s'y aventure. Une anomalie de la nature cette profonde dépression au milieu de la plaine.

Ce jour là, la bande "des petits durs" a décidé d'y descendre. Je les accompagne, seule fille au milieu des garçons. Pour dévaler ce fut facile, nous nous sommes laissés glisser sur le cul, maintenant nous remontons en nous accrochant à ces herbes solides mais coupantes qui nous entaillent les doigts. Tandis que certains peinaient encore à moitié pente, je suis arrivée dans les premiers, pas la première, mais surtout pas à la queue, la fille qu'on traîne, jamais ! Je ne suis pas comme Colette, ma jeune sœur, elle aussi toujours en vadrouille avec les gars, taillée à coups de serpe, on ne la distingue d'eux que par sa crinière blonde. Ils la traitent en copain à part entière. Moi, je suis féminine jusqu'au bout des ongles et cette fille qui ne les dépasse pas mais les égale, les épate. Ils éprouvent des sentiments confus à mon égard. J'ai mes préférés : le plus hardi, le plus fort, le plus tendre, le plus gentil, mais tous un jour ou l'autre, lorsque le hasard nous a laissé seuls un moment, m'ont parlé de cette voix douce et grave qu'ont les jeunes garçons émus...

Le groupe de tête est reparti par le chemin qui conduit à la "mare à Dacheville" et petit à petit les autres ont rejoint. C'est en arrivant au cimetière que nous nous sommes aperçus que Davoli manquait.

- Il est peut-être passé par les couronnes, a suggéré Zato.

- Il faut s'en assurer, retournons, ai-je supplié.

Comme toujours c’est Claudet qui a pris la tête des opérations.

- Toi et toi, vous remontez vers les écoles, la rue de la Faisanderie et vous nous rejoignez au trou, nous nous irons directement.

Lorsque nous sommes arrivés nous nous sommes penchés anxieux, on voyait mal le fond avec ces ronces et ces éboulis de pierres.

- Il faut descendre, ai-je murmuré.

Le soleil déjà décline et nous ne pourrons être remontés avant la nuit, tous y pensent. Le trou mortel, le trou maléfique, y descendre à cette heure !

Nous avons appelé plusieurs fois.

- Marc, Marc...

- Davoli, Davoli. ..

- Allez "Davolitige" fait pas le con ! Il a dû se planquer.

C'est Zato qui a parlé. Pourtant ils sont cousins mais descendre là-dedans maintenant ne lui dit rien qui vaille. Le plus sage, sans doute, aurait été d'aller chercher du secours, mais chacun sent peser sur lui la malédiction du trou interdit. Quand ceux qui étaient passés par les Couronnes sont arrivés Claudet a dit :

- Bon j'y vais.

- Moi aussi, ai-je ajouté.

Sans un mot Didi s'est joint à nous, comment ne pas me suivre... Les autres sont restés en haut à épier. Dans l'ombre nous sommes redescendus plus prudemment. Nous n'avons rien vu, rien trouvé... Nous sommes remontés lentement la peur au ventre.

- Alors ?

- Rien.

- J'vous l'disais, ce con, il a dû se planquer et rentrer. Il doit être chez lui bien tranquille à c't' heure, a insisté Zato.

Alors nous sommes partis l'inquiétude au coeur. J'ai mal dormi et le lendemain pour une fois je n'étais pas en retard à l'école, mais Davoli si... À neuf heures il n'était toujours pas là. À la récréation de dix heures j'ai vu les copains réunis discuter dans leur cour, je les ai observés espérant un signe. La classe est sage, d'une sagesse inhabituelle qui devrait donner l'alerte au maître. Mais rien ne se passe et à la sortie nous nous consultons. Son petit frère n'ont plus n'est pas là, par lui nous aurions eu des nouvelles. Personne n'ose se présenter chez ses gens, là depuis peu.

- Toi, Zato c'est ton cousin.

- Oh! Un vague cousin, j'connais même pas son père.

Nous n'arriverons pas à décider ce grand timide. Plus raisonnable que les autres Didi  a laissé tomber :

 - Écoutez, s'il n'était pas rentrer chez lui on le saurait, ses parents serait venus en parler à l'école.

Ce n'est pas sûr, ils sont drôles ces maigrichons souffreteux. Comme il était encore absent le lendemain matin, Claudet a pris son courage à deux mains.

- M'sieur pourquoi il est pas là Davoli ?

- Il s'est fait une entorse.

Aussitôt grand brouhaha, les sourires reviennent, derrière les mains protectrices des rires fusent. Le maître d'un coup sec a claqué le bureau de sa règle.

- Je ne vois pas ce qu'il y a de plaisant dans le fait que votre camarade se soit blessé.

 

 

 

 

Par La fée Carrabosse - Publié dans : Courte nouvelle
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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /Juin /2008 18:38


 

     La vie bat au cœur de la nuit,

Pantin sans fil, je suis mon destin,

Rageuse de ne pouvoir être lui,

L’homme, la force, le festin.

Abîmée, mutilée, trahie.

Pantin fragile, je suis mon destin.

J’avance sous leurs yeux ébahis,

Traînant mon corps en charpie,

Tandis qu’ils rient.

 

 

Par La fée Carrabosse - Publié dans : Poème
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Mercredi 18 juin 2008 3 18 /06 /Juin /2008 16:12


À la ville, Perrette ne va plus vendre son lait

Sur son arbre, maître corbeau n'est plus perché

Nous n'irons plus au bois les noyers sont coupés

Le bon petit diable est sage

Et Sophie n'a plus de malheurs

 

Marguerite ne nous donnera plus son coeur

L’hirondelle n'a rien fait

L’âne Cadichon a perdu la mémoire

Jeannette sa faucille, le chat botté ses bottes

Et Sophie ses robes de dentelle

 

Que sont devenues les petites filles modèles ?


Fanfan et coco sont mortes,

Cricri est veuve et Jacquot handicapée

Mais dans le grand livre d'images

Elles ont gardé leur sourire

Et sont toujours aussi belles

Par La fée Carrabosse - Publié dans : Poème
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Lundi 16 juin 2008 1 16 /06 /Juin /2008 17:07

A Chloé

 

Mamy chèvre un beau matin entra dans sa classe d’un pas serein, au tableau écrivit : instruction civique. A son bureau s'installa, ses élèves elle compta : cinq jeunes choux charmants, trois chevreaux roux turbulents et un petit loup marrant. Puis chaussant ses lunettes, déclara :

 « En ce temps-là il n'y avait sur terre que des loups, des chèvres et des choux. Les loups mangeaient les chèvres, les chèvres les choux et tout semblait aller pour le mieux. Or, les chèvres lasses d'être mangées proposèrent une alliance aux choux. Ils se réunirent dans une grande salle nommée jeu de paume. De là partit une grande révolution. On coupa la tête au chef des loups mais on se rendit vite compte que ce n'était pas suffisant et on coupa la tête de tous les méchants loups. On dansa la carmagnole et on inscrivit sur tous les édifices publics : «  Liberté Egalité Fraternité ».

 Les loups revinrent en catimini et bientôt tout fut recommencé. Les loups mangeaient les chèvres, les chèvres mangeaient les choux mais les choux avaient la liberté de protester, c'était une grande avancée disaient certains, ils ont gagné leur dignité prétendaient d’autres. Donc les loups mangeaient les chèvres, les chèvres mangeaient les choux et les choux manifestaient. On appela ces pays des démocraties.

Les chefs de ces pays condamnèrent bien fort les pays qui n'étaient pas en démocratie et où les choux n'avais pas le droit de protester mais partirent s'y installer en compagnie de leurs chèvres et chacun de se féliciter d'avoir enfin trouvé un pays où on pouvait se régaler tranquilles. Que croyez-vous qu'il advint ? Tout simplement les choux au lieu de protester en levant le poing manifestèrent en pleurant leurs emplois. Mais enfin me direz-vous leur emploi était d'être mangé. Oui certes, mais en attendant ils étaient arrosés, nourris, à l'abri du gel l'hiver, du soleil l'été et ainsi arrivaient bien gros et gras à l'âge adulte. Tandis qu'aujourd'hui bien peu dépassaient l'enfance et ceux qui arrivaient à grandir étaient chétifs et rabougris…

Heureusement les hommes arrivèrent sur terre, les loups furent presque éradiqués sauf les gentils, les chèvres furent logées dans de somptueuses bergeries et les choux bénéficièrent de tous les meilleurs engrais du monde pour devenir gros et gras. »

Contente d'avoir fini sur une note optimiste mamy chèvres servit du lait à tous ces petits élèves...

 

- Même aux petits choux ? S’étonna l'enfant.

- Oui, répondit Mamy.

L'enfant partit jouer en bougonnant. Décidément sa grand-mère vieillissait, car il en était sûr : les choux ne boivent pas de lait!

 

Moralité : ceci est une fable absurde, quoique, en y réfléchissant…

Par La fée Carrabosse - Publié dans : Fable
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Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /Mai /2008 16:00


 

En  janvier l’amandier a fleuri.

En février ses pétales en pluie se sont répandus.

En mars le thermomètre est descendu.

En avril je suis partie.

En mai suis revenue.

Vite, vers mon bel arbre ai couru,

Cherchant en vain ses grappes de velours vert.

Mon ami l’écureuil qu’allons nous faire ?

Nous ne partagerons plus ses fruits merveilleux ?

Plus de régal,  plus de partie fine ?

Mon cher ne soyez plus anxieux,

Il en  reste une,  nous jouerons à philippine.                  

 

Par La fée Carrabosse - Publié dans : Poème
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Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /Mai /2008 16:42


 

 

La lune s’était levée rouge de honte d’être arrivée avant la nuit, alors que des lueurs feu bordaient encore les crêtes et le haut des arbres. Pourtant  le soleil avait disparu depuis longtemps derrière les collines. Dans ce reste de jour, son  regard de femme comblée, caressait les fleurs du jardin, passant des roses jaunes, aux blanches et aux petites Gemma, s’attardant sur les lauriers, scrutant le jeune lilas  des Indes pareil à un bouquet auquel il ne manquerait que le papier cristal..

Ils avaient dîné paisiblement, avaient écouté un concert de jazz. Elle était allée à la fenêtre, cette fois dans la nuit enfin venue, la lune enguirlandée d’étoiles brillait. Les arbustes  invisibles étaient autant de tâches sombres sur la pelouse éclairée de sa lumière blanche. Attirée par la douceur et la beauté de la nuit elle était sortie. Il n’avait pas tardé à la rejoindre. Assis sur la terrasse ils s’étaient amusés à suivre, à travers le feuillage, la lune dans son lent parcours, tout habités encore de la folie de ce chaud après-midi. Comment pouvaient-ils après tant d’année se désirer et s’aimer aussi fort ? Ils étaient rentrés, s’étaient dit quelques mots tendres comme des caresses ;  puis s’étaient  quittés à regrets sur quelques derniers baisers à la fois tendres et fougueux, regagnant leur chambre respective, nécessaire déchirement s’ils voulaient passer une nuit de repos.

Autrefois le jeu se serait poursuivi jusqu’à l’aube, alors ils auraient dormi quelques heures, sans doute avalé en riant quelques restes de la veille, bu un grand verre d’eau fraîche, puis de baiser en baiser regagné le lit.  Sans toucher aux vagues des draps ils auraient encore fait l’amour jusqu’à ce trou noir qu’elle connaissait bien, jusqu’à ce qu’il ait des étoiles plein la tête. Ils auraient à nouveau dormi la main dans la main ou corps contre corps, encastrés l’un dans l’autre, ses lèvres frôlant son dos. Au réveil ils auraient oublié le jour et l’heure, pour ne penser qu’à eux, au plaisir partagé, se levant juste pour se nourrir afin de pouvoir continuer de s’aimer, s’aimer, s’aimer…

Aujourd’hui elle s’étonnait de ce supplément d’amour qui leur était accordé. Elle était heureuse comme une enfant qui ayant terminé son gâteau, en reçoit une nouvelle petite part inattendue. Ils vivaient ces instants dans un bonheur sans mélange, surpris que leur jouissance, bien que plus brève, leur paraisse plus intense que jamais. Elle avait toujours vécu comme si elle devait mourir demain, et lui, jamais. Aujourd’hui ils avaient la même certitude, à soixante dix ans, ils n’avaient encore devant eux que peu d’années d’amour charnel. Aussi profitaient-ils, à chacune des rémissions de la vielle dame, de ces bouts de bonheur en plus. Et puisqu’ils n’attendaient  rien, tout ce qui leur étaient donné les émerveillait.

Chaque amour est unique, mais ils ne pouvaient  s’empêcher de penser que le leur ressemblait à une perle rare. Bien des enfants s’aiment, mais ces vertes amours, souvent contrariées ne durent guère. Elle avait dix ans et lui douze à peine quand ils avaient échangé leur premier baiser près de la maison de Corot, sous un vieux poirier du  verger à l’abandon. Et voilà qu’aujourd’hui elle  allait lui souhaiter ses soixante dix sept ans  et bientôt ils fêteraient leur noce de diamant. Tant d’années d’amour, de bonheur, de tendresse que même la maladie n’avait pu entamer. Elle aimait toujours autant son sourire et tremblait de bonheur quand son regard se faisait caressant. Que ne s’étaient-ils pas donné ? Que n’avaient-ils pas fait l’un pour l’autre ? Elle cherchait en vain dans sa mémoire le jour ou l’heure où l’un d’entre eux aurait manqué à sa parole. Fidèles ! Fidèles jusqu’au vertige ! Malheureux à en crever quand  la vie les avaient séparés, quelques mois, quelques jours et maintenant parfois, quelques heures. Leur amour au fur et à mesure que les années passaient était devenu de plus en plus fusionnel. Un mot, un regard leur suffisaient pour se comprendre. Ils étaient vivants, ils riaient pour si peu, et leurs rires s’enflaient à l’idée qu’un passant pourrait les voir et s’intriguerait de ce qui amusait tant ces deux petits vieux. Vieux ! Etaient-ils vraiment vieux ? Pour lui, elle répondait : « non » tout de suite, pour elle, elle hésitait, le handicap, la maladie ne sont pas la vieillesse, mais ils y ressemblent…Pourtant quand son corps délivré retrouvait presque toute son intégrité, elle riait, elle chantait, esquissait même quelques pas de danse et surtout elle lui donnait tout ce qu’elle pouvait de plaisir. Alors leur corps affolé se reconnaissait…

C’était la fin de l’été, la canicule chassée par le mistral, emportait avec elle ses langueurs et ses longues siestes, ses soirées sur la terrasse, ce soir la lune serait encore là, plus pleine, plus haute, mais ils ne sortiraient pas la voir dans l’air glacé par le vent….

 

Par La fée Carrabosse - Publié dans : Courte nouvelle
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Mardi 27 mai 2008 2 27 /05 /Mai /2008 18:50

AUX DEMOISELLES.

 

 

 

Jeunes filles,

Vous qui venez de rencontrer un garçon

 Maladroit, égoïste mais plein de charme

 Avec des Yeux !  Ah !

Un sourire carnassier, Oh !

Et un corps d’athlète, Mm…

Qui vous font craquer

Soyez patientes…

Vers la trentaine,

Il vous fera vraiment vibrer.

A la quarantaine vous penserez qu’il est à son apogée

Mais à la cinquantaine il ne vous décevra pas.

Les hommes c’est comme les bons vins

Plus on les garde meilleurs ils sont.

A la soixantaine en bon petit soldat

Il répondra toujours présent.

Vous vous direz profitons-en.

C’est sa dernière ligne droite.

Pas du tout, pas du tout,

Voilà, qu’approchant les soixante dix ans,

Tout à coup il consulte,

Le gérontologue, la sexologue, que sais-je ?

Vous que plus rien ne surprend

Vous vous demandez quand même : pourquoi ?

Car enfin tout va bien.

Eh bien ! Figurez-vous que le très cher

S’est aperçu qu’il avait quelques rides

Et qu’il craint, oh ! Enfin de ne plus vous plaire !

Alors il se bichonne, il se pomponne,

Il vous embrasse, il vous caresse,

Il en fait tant et tant

Qu’en un instant

Il vous envoie au firmament.

Et vous aussi à votre automne,

Vous que plus rien n’étonne,

Vous penserez tout simplement,

Comment seront nos noces de diamant !


 

 



 

 

 

 

 

 

Par La fée Carrabosse - Publié dans : Poème
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Samedi 17 mai 2008 6 17 /05 /Mai /2008 18:33



J’ai ouvert le bureau piano

J’ai  posé un cahier neuf sur le sous-main de cuir

Un de ces cahiers de guerre où l’encre s’étale

Comme sur un buvard

J’ai taillé un crayon mine

Et une fesse sur la chaise 

L’autre dans le vide

Tirant une langue appliquée

Je trace les mots de mon écriture lente et malhabile

Petite fille chagrine j’écris pour ne rien oublier

Mes souvenirs affluent en rangs serrés

Me parlent de tout

Pas de lui

Pas encore

Pas tout de suite

J’ai peur de pleurer …

Alors  je me raconte avant  

Quand je ne savais pas que je l’aimais.

Je m’interromps mâchonnant mon crayon

Et son souvenir m’envahit

Il a dit 

Nous sommes trop petits

Je suis restée interdite

Trop petits !

Il y a si longtemps

Que je suis une grande personne

Que je l’aime plus que tout au monde…

 

Une ombre grise s’est abattue sur mes dix ans

Pourtant au fond de moi

Une petite lumière veille

La prescience que rien

Entre  nous

Ne finira jamais

Que nous nous embrasserons encore

Sous les acacias  en fleurs

Qu’il reprendra ma main

Pour ne plus la lâcher

 

En attendant  je vais grandir.

 

Par La fée Carrabosse - Publié dans : Poème
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Mercredi 7 mai 2008 3 07 /05 /Mai /2008 16:39

 

 

 

 ECRIRE.

 
         Ecrire pour de rire

Écrire pour ne pas pleurer

Ecrire pour oublier

Écrire pour se souvenir

Ecrire pour crier

Écrire pour se taire

Ecrire pour ne plus penser

Écrire pour être soi-même

Ecrire parce qu’on est né

Avec des mots au bout des doigts

Et des pensées plein la tête

Ecrire pour survivre

Ou comme on se noie

 

Pour qui ?

Fatuité

Qui voudrait nous faire croire

Que nos mots vont jusqu’aux autres

Ils leur arrivent déformés

Par le regard qu’ils y posent

L’idée qu’ils s’en font

Incommunicabilité

 

Écrire pour soi

Pour exister un peu

Pour n’être pas tout à fait morte

Pour être moins petite

Minuscule fourmi dans la marée humaine

Tenter de laisser sa trace

Mais l’encre s’efface

Et le papier est si fragile

Les livres meurent

La nuit de l’oubli

Les recouvre de son manteau

Et il ne reste rien

 

Alors pourquoi écrire ?

Par plaisir,

Pour palpiter un instant

Pour se jouer des mots

Pour une jolie phrase

Pour se parler à soi-même

Pour se comprendre

Pour un peu de bonheur

 

Peut-être préférerais-je chanter

Comme le rossignol dans la nuit…

 

 

Par La fée Carrabosse - Publié dans : Poème
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Lundi 28 avril 2008 1 28 /04 /Avr /2008 15:24
Pardonnez sur ce site littéraire ce billet d'humeur, je dirais même de mauvaise humeur.

Ce soir, j'écoutais Sarko, je n'en dirais rien, car si je n'ai rien appris, j'ai, je l'avoue, par moment dormi. A la fin, m'étant totalement réveillée, j'ai ouvert mon courrier. Las ! De quoi me coucher enragée !

J"y trouve une lettre du CESU m'indiquant ce que nous pouvions déduire de nos impôts (à vrai dire, modestes retraités, nous n'en payons pas). Mais, vu que l'on nous serine depuis un an bientôt, que dans ce cas nous aurions droit à un crédit d'impôts, j'ai demandé quelques heures de plus à mon aide ménagère. Comme je suis âgée et handicapée, ce n'était pas un luxe. Hélas, mille fois hélas, nous n'y avons pas droit car nous sommes retraités !! N'y ont droit que les travailleurs ou les chômeurs !!! Je reste perplexe : qui utilise le plus les services d'aides à la personne si ce n'est les retraités ? Donc, sauf les retraités les plus riches qui pourront continuer de récupérer 50 % des salaires versés aux aides ménagères (jusqu'à 7500 €) les autres, paieront leurs aides à 100 % ! Merci aux politiques !


Par Clemence Bernardeaux
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