Samedi 21 mars 2009 6 21 /03 /Mars /2009 17:51



Brusquement le temps a changé,
Le vent d'Ouest secoue les peupliers,
Des nuages noirs courent, s'amoncellent
Et crèvent en grosses gouttes tristes.
Désabusée,  je regarde la pluie tomber,
Et m'abîme dans mon travail pour ne pas penser.
Au tournant les pneus crissent sur la route,
Un chien aboie.
En automne les bruits résonnent en mineur,
Attisant ma mélancolie. 
Et c'est à nouveau Paris.
Paris la sombre,
Loin de Paris ville lumière,
Mon quartier vit dans l'ombre.
Dans l'impasse en coupe-gorge
Où mon père range sa voiture,
Un réverbère éclaire parcimonieusement
Le pavé luisant de pluie.
La clocharde du porche de l'église St. Laurent
Dort dans la nuit mouillée.
Les filles de la Rue Saint-Denis
Se cachent, frileuses, sous les portes cochères.
Il pleut sans fin sur Paris, il pleut sur ma vie...
Parfois, saturée de laideur,
Je prends le métro jusqu'au Trocadéro.
Je sors de terre, j'ai l'espace devant moi,
Le champ de Mars et la Tour Eiffel,
Le pont d'Iéna sur la Seine,
Le bassin et ses jets d'eau,
Le palais de Chaillot tout blanc,
Je revis, me gave de beauté, puis je file,
Le métro, la  gare de l'Est, mon huitième,
Une embellie pour un instant a chassé la désespérance.
Certains soirs après la classe,
Lorsque je regagne l'appartement,
La solitude  m'étreint.
Alors, je traîne, longe  le canal.
Dans le décor de « l'Hôtel du Nord » j'avance lentement 
Poussant les  feuilles  mortes du bout de mes souliers,
M’approche de l'eau glauque,
Jette une pierre, compte les ronds dans l'eau.
Combien en ferait mon corps ?
Un reste d'amour pour la vie me retient,
Une tremblante flamme intérieure,
Le rire de mon amie ce matin,
Les yeux clairs de Didi penchés sur moi.
Je recule doucement, remets à plus tard le geste fatal,
Suis du regard les péniches, admire le paysage
Qu’encadrent les poutrelles de la passerelle.
Pour ne pas glisser au fond de mon désespoir,
M’accroche à un détail, un arbre habillé de frais,
Un moineau qui volette, une fleur têtue,
Née là sans soins dans la poussière du chemin…


(D’après le Château de Cartes)
Par La fée Carrabosse - Publié dans : Poème
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Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /Mars /2009 17:24


Depuis des années qu'elle vivait là, clouée dans son lit, coupée du monde, les nouvelles ne lui parvenaient plus que par les jacasseries des petites sœurs  de la charité pendant les soins et les rares visites de ses amis fidèles. Pourtant elle connaissait tout le village mieux que quiconque. Sa fenêtre donnait sur la boulangerie et chaque jour tout Coubron défilait à ses pieds. Elle voyait aussi la cour commune où jouaient les enfants, la montée de la rue principale et enfin, juste en face, le banc.
Elle aimait que s’y asseye la petite Marie. Elle la regardait défaire ses nattes pour laisser s'épanouir ses cheveux en lourdes vagues qui dévoraient son fin visage. Très vite les garçons arrivaient. La petite riait, ployant sous le poids de sa chevelure qu'elle rejetait en arrière d'un geste gracieux. Les gamins se bousculaient pour l'approcher, elle, heureuse, épanouie souriait à chacun en toute équité.
« Quelle petite dévergondée, disait sa sœur, une si bonne famille. » Elle se taisait ne voulant pas contrarier son aînée, mais elle savait bien que la fillette était sage et les jours où elle ne venait pas étaient des jours sans soleil.
Les heures s’égrenaient, ponctuée par les allées et venues de chacun. À l'aube l'été, dans la nuit l'hiver, les ouvriers travaillant à Paris prenaient le premier car. Les hommes se rendant dans les ateliers environnants passaient sur leur bicyclette. Ensuite arrivaient les employés attendant le deuxième car en bavardant tandis que s'ouvraient les portes des fermes. La rue s'emplissait de piétinement de chevaux, de crissement de roues, de claquement de fouet, de jurons, de « hue donc ! » d’« avance vieille carne ! » de chant de coq et du beuglement des vaches attendant la traite du matin. Les femmes poussaient les volets. Enfin, les enfants sortaient de toutes parts gagnant l'école en chahutant, sauf les retardataires qui couraient essoufflés, la main sur la rate pour soulager leur point de côté.
La rumeur s'éteignait, c'était l'heure calme. La sacoche pleine, le facteur partait faire sa tournée, un retraité son jardin, un artisan un chantier proche. Les femmes, panier vide, cabas pleins se croisaient, se saluaient, entamaient une causette ou des bavardages sans fin et se quittaient précipitamment quand sonnait onze heures. À la demie, quelques enfants réapparaissaient, les plus choyés, ceux qui ne restaient pas à la cantine, ainsi que les paysans dont les champs étaient les plus proches. La boulangère baissait son rideau et le village demeurait dans le silence jusqu'à la rentrée d'une heure trente où, un bref instant, les galoches des enfants gâtés claquaient sur le pavé.
À part le passage de quelques cultivateurs regagnant leur champ, il fallait attendre la sortie des classes pour que la vie renaisse. C'était comme une grande clameur, les écoliers brisaient leur silence forcé en hurlant à pleins poumons. Bras grands ouverts, ils dévalaient la pente en zigzaguant, ivres de liberté. Derrière les grandes se confiant leurs secret, descendaient lentement par petits groupes, L’hiver la solitude commençait là. Les paysans rentraient de bonne heure et, au car du soir, ne descendaient que des ombres vite happées par la nuit.
Au printemps les enfants revenaient dans la cour ou sur le banc manger leur goûter. Ils jouaient jusqu'à l'arrivée du car qui ramenait pêle-mêle, ouvriers et employés. Les pères cueillaient leur progéniture au passage et il ne restait plus que les petits de la cour. Leur mère les appelait à la dernière minute d'un vigoureux : « à la soupe ».
La plupart des coubronnais oubliaient sa présence discrète. Quelques-uns passaient vite, mal à l'aise de se savoir observés, d'autres esquissaient un geste, mais sourire à des rideaux ! Les enfants témoignaient qu’ils la savaient là en tirant la langue, faisant un pied de nez, un festival de grimaces certains jours, puis se lassaient et partaient incertains d'avoir été vus.
Les jours, les mois, les saisons passaient, les vacances sans écoliers, mais avec, presque journalier, le bonheur de l'involontaire visite de la petite Marie. Cette année-là, la fillette disparue. Elle pensa qu'elle était trop grande maintenant et qu'elle ne viendrait plus s’asseoir sur le banc, qu'elle ne la verrait plus courir retardataire invétérée, pied léger, crinière au vent...
L'un de ces tristes après-midi de jeudi sans enfant, on frappa discrètement à la porte.
- Entrez !
Une jeune fille se présenta timidement :
- Je suis Marie Duchêne, je vais à l'école du quai Valmy à Paris. Quand on a apprit que j'habitais Coubron, on m'a chargée de vous apporter ce paquet.
- Merci, quelle chance pour moi ! Assieds-toi.
Oui vraiment quelle chance qu'elle aille justement à l'école qui depuis des années lui envoyait chaque mois un colis. Tout un réseau d'amitiés c'était, au fil du temps, tissé autour de la vieille demoiselle. C'est ainsi qu'une lointaine classe parisienne apportait sa contribution pour l'aider à vivre.
- Tu reviendras ? Questionna Mlle Chevalier.
- Oui chaque mois, m'a-t-on dit.
C'est ainsi qu'un nouveau repaire s'installa dans la vie de la malade. Chaque premier jeudi du mois la petite Marie venait s'asseoir dans sa chambre, l'emplissant du doux murmure de sa conversation tout en rejetant ses cheveux en arrière de cet inoubliable geste plein de grâce.
Mais les choses les meilleures finissent aussi, au bout de quatre années la petite Marie quitta l'école, occupée par ses amours, elle oublia la vieille demoiselle.
Melle Chevalier vécut encore longtemps dans sa maison natale, elle y mourut entourée des siens.

Bien des années s'étaient écoulées, la petite Marie reposait à son tour face à une fenêtre. Elle avait choisi cette chambre peu convoitée car elle donnait sur la place. Les autres pensionnaires de la maison de retraite la trouvaient bruyante et lui préféraient celles ouvrant sur le jardin.
Atteinte du même mal, elle avait eu plus de chance que Mlle Chevalier couchée dès l'âge de la puberté. Les progrès de la médecine et la décision courageuse de son mari de quitter ce coin d'Ile-de-France où ils avaient grandi pour le soleil du Var l’avaient sauvée. Elle avait élevé deux enfants et vécut presque normalement. L’été  à la mer fortifiant ses os en longues brasses coulées, ce gorgeant de soleil sur les plages de sable fin. L'automne se promenant dans les bois, respirant à fond l'air embaumé par les pins et, toujours infatigable, le soleil écartant d'elle les douleurs par trop violentes. Cependant la maladie avait été la plus forte. Tant que son mari avait vécu, il l'avait soignée, levée, assise, couchée, vêtue… Maintenant elle n'aspirait plus qu'à le rejoindre. Heureusement, lui restait la fenêtre donnant sur ce village inconnu. Ignorant le nom de ses habitants, elle avait baptisé, à son gré, les plus attachants.
Au printemps, dans le bac à sable, tout un petit monde s'agitait. Il y avait  « leader » qui commandait ses troupes. Elle avait aussi remarqué « coquine », une adorable petite blonde frisée, elle riait en se pliant en avant, les mains entre les cuisses, la petite culotte à l'air, la tête légèrement penchée vers la victime de sa farce, un garçon de préférence. Si celui-ci s'avançait, menaçant, elle courait vers leader, l'autre haussait les épaules et regagnait son coin.
Coquine était la protégée de leader. Chaque matin, main dans la main, il se rendait à l'école dont l'entrée principale ouvrait sur la place. Toute la vie du village y était concentrée. Au fond la mairie installée dans l'ancien château, à droite l'église que son parvis plaçait en retrait de l'alignement parfait des autres bâtisses. Dans d'anciennes resserres au porche voûté, des commerces c'étaient créés et depuis peu, un centre administratif avec son syndicat d'initiative tout neuf, sa salle des fêtes et ses nombreuses associations sportives et culturelles. Le dimanche par cars entiers des touristes se pressaient au plus beau marché provençal de la région.
L'été, les vieilles femmes s'installaient devant la porte de leur remise, profitant de l'air frais qui s'en échappait. Elles sortaient des chaises paillées et bavardaient entre voisines, les plus délicates apportaient leur coussin. Des boulistes venaient chaque jour. Ils jouaient tranquillement la première partie. Les perdants offraient le pastis, mais au fur et à mesure que la journée s'avançait, l'alcool aidant, le ton montait. « Hargneux » se fâchait. « Petit frisée » se moquait rigolard. « Placide », un grand blond venu du Nord, demeurait impassible. « Gros bidon », mètre en main, se baissait avec difficultés pour arbitrer. Des discussions sans fin s'engageaient pour le moindre millimètre. Enfin, la partie reprenait sur le sourire triomphant de Hargneux  ou sur son départ fracassant. Alors un autre le remplaçait, mais plus rien n’était pareil.
Le soir les jeunes prenaient possession des bancs jusque-là occupés par les anciens. Il y en avait trois, celui des adolescentes à peine pubères où l'on parlait sans bruit, mais d'où fusaient des rires cristallins. Elles regardaient en coin les garçons à l’âge où la voix mue, parlant fort en chahutant, usant de toute leur inventivité pour se rendre intéressants. Ils exerçaient leur talent sur le banc du milieu, tandis qu'assis sur celui du fond, les fesses sur le dossier les pieds sur le siège, les grands fumaient.
Arrivait l'automne avec le retour des écoliers et la douceur des tons pastels lui rappelant sa jeunesse. Le soleil descendait bas sur son orbite et balayait la chambre d'une lumière moins vive. La petite Marie n'était pas seule au monde, ses enfants venaient la voir environ une fois par mois chacun, ils s'arrangeaient pour qu'elle ait une visite tous les quinze jours. Hélas ! Il y avait à peine une heure qu'ils étaient là que déjà ils consultaitent leur montre. Elle savait bien qu'ils faisaient de leur mieux, écourtant leur déjeuner dominical, une heure trente de route les amenaient vers trois heures et, à quatre heures trente, il leur fallait repartir s'ils voulaient éviter les embouteillages marseillais. Quand ils s'en allaient, elle avait le coeur lourd. Pour oublier sa peine, elle ouvrait le grand livre des souvenirs partagés avec son mari, son amour...Instant de pur bonheur, cadeau de la vie à jamais en elle :
Éblouissant après-midi de décembre où les criques de l’Esterel semblaient encore plus rouges dans le soleil couchant. La mer d'instant en instant, changeait de couleur virant du bleu au vert émeraude pour devenir comme de l'encre marine. Ils s'étaient arrêtés à auteur de l'île d'or la bien nommée habillée d'or fin à l'heure où le soleil d’hiver darde ses derniers rayons en un jeu de lumières d'ocre rouge et de jaune flamboyant.
Magique nuit chaude, où l'envie d'un bain de minuit les avait saisis. Sur la plage, la mer mourait en millions d'étincelles et quand ils se jetèrent à l'eau, elles jaillirent en gerbes autour d’eux... On leur expliqua que le phénomène était courant, un plancton phosphorescent. Pourtant elle ne le revit jamais nager nu, nimbé d'étoiles...
Merveilleuse promenade de Noël à la chapelle « don Bosco ». Dans l'ère d'une rare pureté le paysage se révélait dans tous ses détails : à leurs pieds, les bastides entourées de leurs vignes sombres, au loin Fréjus blanche dans la lumière trompeuse, la mer et le ciel se confondant dans le même bleu indigo, à droite, le rocher de Roquebrune découpé, ciselé, majestueux, à gauche les roches rouges de leur petit Colorado personnel et derrière, bien plus hautes, les montagnes enneigées...
Ce matin-là, ce fut vraiment l'hiver. Soufflait glacial, un violent mistral. Les passants traversaient vivement la place, la tête dans les épaules, tenant leurs cols : les hommes en casquette, les femmes enveloppées de leur châle. Le vent arrachait les dernières feuilles, les faisait voler en tourbillons fous. Après le déjeuner une aide-soignante lui apporta la tisane et alluma la télévision. Elle regarda les informations qui, comme chaque jour, déversaient leur lot de catastrophes : ouragans, cyclones, inondations, tremblements de terre… Et, comme si cela ne suffisait pas, des hommes s'entre-tuaient dans des guerres inutiles, des femmes pleuraient, des enfants squelettiques,  affamés, aux yeux trop grands, le regard dans le vide, agonisaient lentement. Sans transition, on parla de compétitions sportives. Elle éteignit le poste.
Son regard revint à la fenêtre, la place était déserte. L'hiver n'est pas triste dans le Var, même quand le vent hurle comme un loup, fait claquer les volets, craquer la maison au point qu'on se croirait sur un navire en perdition, alors le ciel à ce bleu intense que, seul, offre le mistral.
Le soleil de décembre si bas se coucha sur son lit. Il lui sembla qu'il réchauffait ses jambes mortes. Elle se sentit bien. Elle eut encore le temps de penser : « demain il y aura à nouveau du vent ». Puis s'endormit.
Dans sa maison de retraite, elle mourut seule, presque au matin, petite lampe qui s'éteint...



Par La fée Carrabosse - Publié dans : Nouvelle
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Mercredi 18 mars 2009 3 18 /03 /Mars /2009 18:15

 

Avez-vous remarqué cette lumière rose ?

Vous raconter cette histoire je n’ose.

En rentrant de promenade

J’ai senti, oh ! Pas une tornade,

Juste une brise légère

Poussant, telle une bergère,

Ses blancs moutons de coton.

Juste au-dessus de ma maison,

Elle déposa un nuage de bonheur,

Un étrange nuage en forme de cœur,

Un nuage de baisers

Comme vous  seul savez me donner.

Craignant que jamais vous ne me croyiez

Pour vous convaincre je l’ai photographié.

Ha !!! Vous voyez !

J’ai dit la vérité.

 

 

 

 

 


 

 

 

 

Par La fée Carrabosse - Publié dans : Poème
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Mardi 17 mars 2009 2 17 /03 /Mars /2009 18:48



Le cri monte des entrailles et jaillit
Balayant tout tel une tornade.
Ce peut-être le cri du désir
Dans la folie du plaisir.
Ou le cri de la femme donnant la vie,
Quand l'enfant arrive quittant le nid...
Dès qu'il est à l'air pour respirer lui aussi crie,
C’est le souffle de la vie qui entre en lui.
Il y a le cri de la douleur
Quand sur nous s'abat le malheur,
Qu’un soir de Noël la mort passe
Qu’une sœur s'efface...
Et celui que je connais bien,
Le cri de la souffrance au creux de mes reins,
Là où le bistouri est passé…
Enfin mon préféré,
Celui qui traverse mon corps en fièvre
Sort de mes lèvres
Strident, puissant, inouï
Et au tien uni
Brise la nuit
Lorsque tu m'aimes à la folie.
Par La fée Carrabosse - Publié dans : Poème
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Mercredi 4 mars 2009 3 04 /03 /Mars /2009 17:23



A L’ASSAUT  DE  LA …


Je reprends sans joie le chemin de l'école, monte en  classe de fin d'étude. Notre maître ancien professeur de lycée a accepté ce poste pour s'éloigner de la capitale et de ses dangers. C'est un homme poltron qui descend à la cave, à la moindre alerte. Il s'y précipite en tête, si vite qu'il lui arrivera de s'écrouler sur le tas de charbon. Quelle rigolade ! Un samedi, dans un sifflement précurseur un avion s'écrase sur les coteaux de Bernouille. Il crie : "les enfants, tous à terre" et s'étale de tout son long entre les tables, suivi de quelques élèves craintives. Nous nous précipitons aux fenêtres, commentons la chute et décidons de nous rendre sur place le jour même puisque nous n’avons pas étude.
  L’engin est là, juste où nous l'avions situé, terrible enchevêtrement de ferraille, portant encore, dérisoire, sa croix gammée. Aux branches pendent une botte, des lambeaux d'uniformes et de chair humaine. Nous inspectons les lieux indifférents à la mort, ce ne sont que des Boches ! Nous fouillons les restes de l'appareil. Les garçons découpent d'épaisses lanières, dans le cockpit, fait d'une matière inconnue de nous, souple, translucide qui brûle comme un brandon.
 Le lundi, à la sortie du cours, nous improvisons une retraite au flambeau. Une jeune fille marche à quelques pas devant nous, s'élançant, Claudet s'écrie : "A l'assaut de la gonzesse". Les gars brandissant leur torche enflammée, la serrent de si près que ses cheveux roussissent. Affolée, elle s'enfuit en pleurant.
 Le lendemain matin son père viendra se plaindre au maître de service. Dès que nous sommes installés, il arrive, soignant son entrée, et entreprend de nous raconter la scène : "... et Daumas a crié à l'assaut de la Comtesse ou de... je ne me rappelle plus". Le tout avec son inimitable accent du sud-ouest. Nous buvons du "petit lait", Claudet aussi, il adore être en vedette mais M. le Directeur va lui infliger la pire des punitions : aller présenter ses excuses à la demoiselle. J'aurais bien voulu être petite souris lorsqu'il frappa à sa porte...

(Extrait du Château de Cartes)
Par La fée Carrabosse - Publié dans : Extrait de roman
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Mercredi 25 février 2009 3 25 /02 /Fév /2009 18:31


Le mistral hurle au loup.
Jeune homme fringant court comme un cheval le fou,
Secouant sa crinière, soufflant fort, puissant,
Nettoie le ciel, le peint de bleu,
Le jour y accroche un soleil flamboyant,
La nuit d’étincelantes étoiles,
Nous visite en été comme en hiver.
Tandis que la bise siffle comme un serpent,
S’enveloppe de nuages,
Éteint la lumière, s’enrobe de gris,
Se glisse insidieuse à la froide saison,
En franchissant les montagnes s’approvisionne de glaçons
Parcours tout le pays s’assurant qu’il gèle bien partout.
Tandis que le mistral est à nous, rien qu’à nous,
Il ne balaye que la Provence mon pays d’adoption.
J’ai fini par aimer ce vent fougueux, pourtant
Je lui préfère la brise légère d’un beau jour de printemps
Caressant le blé en herbe, se coulant doucement
Dans la plaine où nous courions enfants.
Par La fée Carrabosse - Publié dans : Poème
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Samedi 21 février 2009 6 21 /02 /Fév /2009 17:43


La bise m’a saisie au sortir de la maison.
Elle mord mes chevilles, grimpe dans mon pantalon,
Sans franchir la coquinette
La barrière de ma parka douillette.
Elle fait goûter mon nez,
Sans atteindre mes oreilles encapuchonnées.
Lorsque j'arrive dans la colline,
Dans le néflier des abeilles butinent.
Bien à l'abri de l'air,
Il fait doux malgré l'hiver.
Si près, à cinq cents mètre à vol d'oiseau,
Chez nous il fait zéro.
Ce coin d'Azur m'a ragaillardie,
Joyeuse, je regagne ma petite Sibérie.

Par La fée Carrabosse - Publié dans : Poème
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Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /Fév /2009 11:18


Ton cœur est mon royaume,
Je m’y suis nichée toute  môme,
Pour n’en plus repartir :
Je n’ai qu’une corde à mon désir!
Notre vie n’est pas un roman noir,
Les gens heureux n’ont pas d’histoire…
Tu t’appelles Claude et moi Jacqueline,
Et malgré leur bonne mine,
De nos saints patrons nous nous moquons.
Celui que depuis toujours nous fêtons,
Dans notre jeunesse jusqu’au matin,
C’est notre cher Saint-Valentin.
Et tant pis pour ceux,
Qu’oublie la fête des amoureux.

Par La fée Carrabosse - Publié dans : Poème
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Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /Fév /2009 17:34


Politesse : ensemble des règles de savoir vivre en usage dans une société.
Règles : ensemble de conventions implicites.
Il faut savoir que ces règles ou conventions sont variables. Le savoir-vivre d’aujourd’hui n’est en rien comparable à celui de la cour de Louis XIV. Je crois que personne n’en doute. Mais les règles varient très vite. Dans ma vie j’ai vu ces conventions évoluées aussi vite que les techniques. Lorsque j’étais enfant un homme bien élevé soulevait plus ou moins son chapeau selon l’importance de la personne croisée. Mais il s’arrêtait et l’ôtait carrément lorsqu’il s’agissait d’une connaissance. Si c’était une dame il restait à distance respectueuse et attendait qu’elle lui tende la main qu’il touchait tout juste. La petite fille que j’étais, restait muette et attendait sagement le signal de ce qu’elle devait faire. Soit la personne se penchait et disait d’une voix de fausset : « ah !qu’elle est mignonne ! » Dans ce cas il fallait attendre encore un autre signal, « dis bonjour à la dame ». J’allais de mon petit bonjour timide ou souriant selon la rencontre. Il se pouvait que la dame dise : « bonjour mon petit » et je répondais « bonjour Madame ». Il arrivait aussi qu’on ne remarque même pas la petite chose qui tenait la main de son père et dans ce cas j’attendais en silence que ça passe… Est-ce encore ainsi de nos jours ?
J’ai grandi dans un village rural où dire bonjour n’était pas de mise. Entre eux les habitants se lançaient une plaisanterie ou une réflexion maussade selon l’humeur mais le plus souvent prenait des nouvelles du genre : « alors comment tu vas » ou « ta femme ça va mieux ?» Ou encore « ça pousse t’y dans ton champ le nouveau blé ? » parfois ça dégénérait en conversation mais le plus souvent une réponse brève en passant suffisait comme salutations.
À l’école les règles étaient très différentes d’aujourd’hui. Nous ne disions jamais bonjour à nos maîtres. Le respect s’exprimait dans l’obéissance. Quand le sifflet marquait la fin de la récréation nous nous regroupions par deux devant l’entrée. Le maître disait : « montez » et ajoutait : « et je ne veux rien entendre. » Nous montions tout un étage d’escalier de pierre en silence sauf le bruit de nos galoches sur le plancher quand nous débouchions dans le couloir. Le maître ouvrait la porte de la classe, mais restait sur le côté et lançait : « entrez ». Nous allions à nos tables où nous attendions debout, bras croisés, qu’il gagne son bureau. Alors venait l’ordre de s’asseoir, petit remue-ménage et dès que nous étions assis à nos bancs à nouveau bras croisés un nouvel ordre arrivait : « Sortez vos cahiers ». Je ne suis même pas sûre que les enseignants d’aujourd’hui aimeraient une classe aussi disciplinée. Jamais aucun instituteur ne m’a dit bonjour ou demander de dire bonjour ça ne se faisait pas.
Dans ma jeunesse on se serrait la main et plus j’avançais en âge plus c’était chaleureux et depuis une dizaine d’années on s’embrasse entre amis. Au début j’étais un peu surprise et réticente maintenant je participe aux fricassées de museaux sans complexe.
Quand il m’échut l’honneur d’éduquer mes enfants je dois avouer que je relativisais beaucoup la politesse sachant combien ses règles sont précaires et surtout je ne voulais pas faire d’eux des chiens savants. D’ailleurs aurais-je été capable de faire mieux si je n’avais pas pensé que tout ça c’était pour les bourgeois et que nous, prolétaires et communistes, cela ne nous concernait pas. Une erreur sans doute ! Mais bon, je m’appliquais surtout à faire d’eux des êtres intelligents, capables de juger par eux-mêmes. Ai-je su ? Mystère, de toute façon en la matière tu fais bien, tu fais mal, tu te trompes toujours. Il y a longtemps que j’en ai pris mon parti…
Maman n’avait guère reçu d’éducation elle qui avait tant été trimbalée d’un côté, de l’autre par la famille de son père et de sa mère sans jamais voir cette dernière entre 5 et 14 ans, âge crucial. Que put-elle pour nous ? Christiane était bien polie. Moi, arrivée plus jeune, je perdis mon vernis de parisienne dans ce village de paysans où je m’intégrerais rapidement. Aurais-je dû prendre des cours de savoir-vivre ? Faire de gros efforts ?
Quand j’ai travaillé dans le commerce je crois qu’aucun acheteur ne m’a jamais dit bonjour. Il souhaitait un renseignement je le lui donnais, toujours très souriante, désireuse de faire ma vente. (Dame j’étais à la commission). Je pense avoir beaucoup gagné en amabilités à cette époque. Hélas ! La maladie et la souffrance décrochèrent l’éternel sourire de mes lèvres… Aujourd’hui les mœurs ont changé on se doit de dire bonjour aux vendeurs des grands magasins, aux conseillers des grandes surfaces, peu habituée à ce genre d’exercice, il m’arrive de me faire reprendre, je pose ma question et mon conseiller me dit : « bonjour » avec insistance. Je réponds : « bonjour » avec un sourire désarmant. Je repose ma question patiemment et en général devant ma gentillesse on me prend en charge totalement, jusqu’à ce que j’aie enfin l’article convoité dans mon panier.
Réfléchissez bien,  vous-même n’avez-vous pas constaté d’énormes bouleversements ou d’insidieux changements aux règles de la bienséance ?
Par La fée Carrabosse - Publié dans : petit essai
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Samedi 7 février 2009 6 07 /02 /Fév /2009 17:00


 
Tu me parles de la tristesse de ton pays de montagne déserté. Je vais te dire le mien disparu sous une chape de béton. Peut-être, qui sait, le tien revivra comme dans « Regain ». Le mien est mort à jamais. Pourtant des hommes, des femmes, des enfants y dorment. Le matin chacun se rue dans sa voiture ou dans d’immenses bus à soufflets pour ne revenir que le soir, courses faites. Alors on rentre chez soi, on se claquemure et c’est le silence de la nuit. Le samedi on part tôt, vers quelque lointaine campagne pour sa résidence secondaire ou bien rendre visite à des parents, des amis habitant des régions encore verdoyantes. Seuls  restent les  paumés des cités  les moins reluisantes, les plus tristes celles qu’il faudrait justement quitter ; dans leurs cours bitumées y traînent des enfants oubliés.
Quand je suis retourné chez moi je n’ai rien reconnu de cette terre de maraîchage où tout poussait : des salades comme mes fesses, des fraises plus grosses que ton nez, des pois, des haricots, des carottes, des choux, des cornichons, des asperges réputées, des pommes de terre énormes… Je t’assure ! Quand tu plantais des piquets autour d’un pré, si tu n’avais pas laissé  séché le bois longuement, l’année suivante il y venait des feuilles !
Ah ! Mon village ! C’était un beau village ! Avec ses cours communes entourées de maisons de moellons recouvertes  d’un plâtre dur cuit au charbon de bois. Au-dessus d’elles veillait, longiligne, le clocher d’ardoise orné de son coq, de ses pendules et de son cadran solaire. Au cœur, le Soleil d’or, le café des notables, et au bout du bourg la place du « Pâtis » bordée de bancs ombragés par les tilleuls des allées. Sur son centre de terre battue on dansait  les soirs de fête ; et si son gazon n’était pas anglais, il était vert et dru parsemé selon la saison de pâquerettes, de boutons d’or ou de coquelicots. Au printemps nous  y cueillions des pissenlits et les premières fleurs : perce-neige, primevères, petites violettes dont nous offrions  des bouquets à nos mères. Au fond,  trônait la statue : la « Veuve » de Raoul Larche, surmontée de deux satyres se mirant dans l’eau, ils étaient notre joie et notre terrain de jeux favori, leur bronze luisait frotté en permanence  par nos culottes.
 Je n’ai même pas retrouvé la rue serpentine qui menait à Notre-dame  des Anges, toutes les voies sont rectilignes et quadrillent la ville à angle droit. Finalement, il m’a semblé que l’une d’entre elles pouvait être l’ancien chemin noir ; c’est ainsi que j’ai découvert la chapelle perdue au milieu des tours de cette ville déserte de quinze mille habitants.
Pourtant, quand nous n’étions que sept cents, il en vivait du monde ici ! Des commerçants et des artisans : des cafetiers, des épiciers, un boulanger, un marchand de cycles, deux cordonniers et un ferronnier, pas un ferronnier d’art, un ferronnier tout court, qui faisait des portes si belles que celles du cœur  de l’église ont été classées. Etions-nous mieux portants ou nous soignons-nous moins ? Toujours est- il  qu’il n’y avait  encore  ni pharmacie, ni médecin, ni dentiste ; mais des cultivateurs, six fermes avec des vaches, des chèvres, des moutons, des chevaux. Le matin, au réveil, c’était un beau charivari de cris, de bêlements, de meuglements, de claquements de fouets et de sabots. Le dimanche nous pouvions aller au bal et au cinéma le vendredi soir.
Tous les enfants frayaient ensemble, fils d’ouvriers, de commerçants, de cadres, de paysans, enfants de la ville occupant les belles propriétés : fils de docteurs, d’avocats, d’industriels, qui ne venaient que l’été. Ils chahutaient, se frottaient les uns aux autres, jouaient au ballon sur la place. Tous se retrouvaient là, y compris les plus déshérités, ceux qui parlaient à peine le français et n’avaient même pas l’excuse d’être étrangers, ni même de parler un quelconque patois, non, ils ne baragouinaient qu’un idiome familial et imagé qui n’appartenait qu’à eux, mais que nous comprenions tous.
Toi, malgré les ruines, tu peux reconnaître un chemin, des maisons d’autrefois, l’école, la mairie, de chez moi rien ne subsiste ; ils ont tué jusqu’aux herbes folles et les collines ont été dévorées par les plâtriers exploitant à ciel ouvert les anciennes carrières, poudrant de gris les quelques arbres rachitiques des trottoirs.
Ah ! Mon pays ! Toi qu’immortalisa Corot, qu’ont-ils fait de toi ? ! Nous ne canoterons plus sur le lac des Sept Iles, écrasé par un « Mammouth », nous n’irons plus au bois, les chênes sont coupés, nous ne pêcherons plus le brochet, la rivière charrie ses eaux mortes, les guinguettes se sont tues et les jolies baigneuses en bikini s’en sont allées vers des rivages plus purs.
Désespéré du spectacle j’ai voulu prier la vierge de mon enfance,  mais la porte était close. Il paraît  qu’il n’y a plus de curé et que l’église et la chapelle sont fermées pour éviter les dégradations et les vols. Décidément il ne reste rien de toi, ma banlieue. Les hommes ne l’ont pas quittée la fourmilière humaine l’a ensevelie. Où irai-je cueillir du muguet ?
Allons je l’avoue : j’ai fait des amalgames, tout n’est pas perdu. Dans cet océan de cités qu’est la Seine-Saint-Denis, le flot s’est brisé sur sa forêt et mon village a survécu. Il a fait de la résistance, il s’est bien battu, lui, ses édiles et ses habitants. Le massacre à la tronçonneuse n’a pas eu lieu et les plâtriers se sont cassés les dents sur les coteaux de Bernouille. Bien sûr, la population a cru, changé, mais tu le sais bien, si on n’avance pas, on recule. Alors il s’est modernisé. Des H.L.M. en pierre de taille d’abord pour les jeunes du pays, puis quelques cités basses et des villas, plein de villas, dont la première, après la guerre, fut la mienne. Anciens et nouveaux devinrent tous des coubronnais pure souche… Parce qu’il est impossible de ne pas l’aimer, ce village ! Bien sûr, le super marché a poussé  dans ce qui fut des champs de fraises, les maraîchers ont disparu. Pourtant il reste une ferme dont les vaches paissent de toute éternité sur les coteaux, en compagnie de chevaux. On y a même replanté de la vigne. Dans mon enfance les derniers vieux ceps couraient dans la colline …Oui ! Pour ne rien te cacher, on a coupé le verger fournisseur de la cour d’Angleterre, pour y construire des maisons ! Ceux de la « zone verte »  ont perdu leurs fruitiers, y poussent des acacias odorants, des frênes des petits chênes et beaucoup de ronces qui les rendent inaccessibles. Ailleurs ce sont des friches. Les corbeaux  ne viennent plus croasser sur les terres labourées et les blés ne mûrissent plus en juillet, fini les coquelicots, les bleuets et les marguerites…Il n’y a plus d’herbes folles sur les trottoirs bien entretenus, les jardiniers de la ville les fleurissent avec application. C’est joli, mais c’est un peu apprêté. Pourtant j’aime à penser qu’il reste dans ce département tant décrié, un village, un vrai village où tout le monde se connaît, où il y a de la verdure, des bois, une forêt : derniers vestiges de la forêt de Bondy. Evidemment, ses allées bien sages, son parcours santé, ses sous-bois bien nettoyés ont fait disparaître le muguet, mais pour le cueillir ne fallait-il pas affronter le garde et ses cartouches de sel ?
La municipalité a acquis une des plus belle demeure, c’est devenu la mairie. Non ! L’hôtel de ville ! Entourée d’un parc merveilleux avec des fleurs et des arbres de toute beauté dont des ginkgos centenaires ! Devant on y a installé la statue. S’ennuient-ils les faunes de ne plus être chevauchés par les enfants ? Les enfants d’aujourd’hui rivés à leur écran de télévision où d’ordinateur, s’intéresseraient-ils à eux ? Enfin ! On l’a mise à l’abri des vandales !
Tu comprends, il y a trop longtemps que je suis parti,  je n’ai pu suivre son évolution et ceux que j’aimais  sont presque tous morts ou comme moi sont allez voir ailleurs si l’herbe était  plus verte. Pourtant j’aimerais y retourner de temps en temps, ma santé ne me le permet plus, alors je me contente des nouvelles que m’écrit  ma sœur, des petits fascicules qu’elle m’envoie, ils me parlent d’espaces verts, d’une flore et d’une faune exceptionnelles, de promenades remarquables, le tout à quinze kilomètres de Paris.
Pendant que tout cela s’édifiait, j’ai bourlingué dans la région  Provence Alpes Côte d’Azur. C’est la troisième maison que j’y battis. J’y suis bien, elle est claire et blanche, tranquille, environnée de pins parasol, il y pousse de la prairie,  des fleurs sauvages, quelques rosiers, un coin de sous-bois ; j’y ai planté un verger en devenir et cultive un magnifique potager. Qu’aurai-je là-bas ? Des maisons tout autour de la mienne, si proches qu’on ne peut éviter les bruits des voisins. Ici je n’ai que le chant des cigales, des oiseaux, des criquets et des reinettes.
J’ai choisi le soleil et la paix, mais toujours dans mon cœur, il y a comme un petit vide où est écrit ton nom : « COUBRON ».






Par La fée Carrabosse - Publié dans : Nouvelle
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